Cours, ma jolie de Lisa Unger

" Elle en arrivait parfois à souhaiter qu'il meure. »
Première phrase.


L'auteur

Lisa Unger est née en 1970 dans le Connecticut.

Pourtant, elle a passé une partie de son enfance en Hollande et en Grande-Bretagne avant que sa famille ne revienne dans le New Jersey. Après avoir travaillé dans l'édition à New York, elle a décidé de se consacrer à l'écriture et vit en Floride avec son mari et sa fille.



Résumé officiel.

Ridley mène une vie des plus paisibles jusqu'au jour où elle reçoit la photo d'une inconnue, un bébé dans les bras. La ressemblance est frappante, et encore plus troublant est ce message qui accompagne le cliché : « Êtes-vous ma fille ? » Questionnant ses parents qui nient l'avoir adoptée, Ridley plonge alors dans un piège mortel où s'entrechoquent fausses vérités et vrais mensonges qui remettent en question son propre passé. Serait-elle cette enfant de deux ans que l'on a kidnappée après avoir froidement abattu sa mère ? Aidée de son ténébreux voisin qui semble lui aussi porter un lourd secret, Ridley va tenter, au péril de sa vie, de découvrir qui elle est...

L'histoire

On dit que le fil de la vie ne tient qu'à un... fil. On dit qu'un évènement aussi infime soit-il peut changer la face du monde (théorème du papillon) et bien, c'est ce qui est advenu à Ridley. 

Cette jeune femme dynamique, à la vie relativement calme et rangée, même si elle vient de plaquer son petit ami au grand désespoir de ses parents (le beau-fils parfait !) va voir sa vie chamboulée à cause d'un timing « parfait ». Se trouvant au bon endroit au bon moment — et quelques secondes auraient suffi à tout changer —, elle va sauver la vie d'un bout de chou. Son acte, certes héroïque bien que tout naturel (elle plonge devant une camionnette pour éviter qu'un garnement ayant échappé à la surveillance de sa maman quelques secondes ne se fasse percuter) va la propulser au firmament des médias : la star du jour ! 

Toutefois, ce n'est pas cette mise-en-avant médiatique que l'auteure va nous narrer. C'est tout ce qui s'en suit. Parce que Ridley, à la vie si tranquille va se retrouver dans un imbroglio, pour avoir été reconnue dans les journaux ! Tout d'abord, une lettre contenant une photo et quelques mots : « Êtes-vous ma fille ? », vont semer le doute dans son esprit. Qui pourrait lui faire une blague aussi sordide ? Elle n'a pas d'ennemi... mais cette photo l'intrigue : la jeune femme lui ressemble énormément. Elle pourrait être sa mère !

D'autres petits riens vont s'accumuler et Ridley qui pensait au départ jeter simplement le document, l'oublier, reprendre le cours de sa vie, va se poser de nouvelles questions.

L'intrigue est montée de façon assez simple. Les premiers mots de l'auteure nous narrent une histoire qui s'est déroulée dans les années 1970, avec la frayeur d'une femme craignant que son ex-petit ami ne vienne encore la frapper. Puis, au chapitre suivant, une autre jeune femme se cache derrière un vulgaire canapé avec son amant, et tente d'échapper à la mort ! Cette fois, ce sont plusieurs hommes qui leur tirent dessus. 

Et, là, on reprend le fil de l'histoire. Ridley se met à nous raconter comment elle s'est fourrée dans le pétrin, au point d'avoir ces bonshommes armés en fac d'elle... Tout est une question de timing. Si, ce jour-là, elle n'avait pas franchi la porte de son immeuble au moment où le petit bout tentait de traverser seul l'avenue, elle ne subirait pas les tirs nourris des hurluberlus précités.

Alors, bien sûr, il se passe plein de choses entre le moment où elle reçoit ce fameux courrier et celui où elle se cache derrière le canapé miteux : rapt d'enfant, trahison, amour (hmmmm, charmant le jeune amant), mensonges, et vérités que parfois il vaut mieux ne pas connaître... Mais cela, je vous laisse le découvrir... 

Le style

Tout d'abord, ce roman est estampillé Thriller, mais je le classerai plus volontiers dans les (bons) romans policiers.

Le style de Lisa Unger est agréable. L'auteur se place derrière Ridley, et nous suivons donc une histoire de l'intérieur, avec les pensées, les sentiments de l'héroïne, ses doutes, ses sourires... et parfois ses questions. À plusieurs reprises, Ridley semble se tourner vers nous et nous demander notre avis ! C'est amusant, et surtout bien fait, contrairement à d'autres auteurs qui jouent de cette astuce pour noyer leur texte, Lisa Unger parsème les réflexions de Ridley de ce petit artifice, afin de couper court aux longues divagations qui auraient pu être sans cela.

Peu de descriptions, mais les personnages sont dépeint précisément. Ridley est journaliste, l'auteure nous donne donc une vision des autres protagonistes assez complète, fine et rentre dans le moule de son héroïne. Elle axe donc sur les sentiments de Ridley, et, tente de nous faire ressentir ce que la jeune femme, dans cette situation pourrait ressentir. Sauf que je ne me suis pas sentie assez proche de cette intrigue, pour y adhérer. Je suis restée complètement à l'extérieur... et j'ai à peine vibré lors des passages soit dangereux soit un peu plus chauds, voire romantiques.

Les personnages sont le plus gros point faible de ce bouquin. Ils sont stéréotypés à outrance. Le bel amant, sauvage, tatoué. Le frère drogué qui vit dans un ghetto insalubre... et même Ridley est prévisible ! Elle se défend d'être une super héroïne, mais fonce tête baissée dans les emmerdes. Elle tente de réfléchir, mais ne voit pas les évidences (le coup de la fracture au bras m'a un peu fait sourire : une fracture se voit même 30 ans après... elle aurait eu une preuve dès les premières recherches ! Il suffisait d'une radio.)

Le temps est assez bien géré. L'histoire se déroule en quelques jours, et les évènements s'enchaînent rapidement. Quelques flash-back noyés harmonieusement dans le texte global, après le prologue qui se déroule dans les années 1970. À la fin, on reprend l'histoire là où Ridley l'avait laissé (les balles en suspend, attendant patiemment que la miss se souvienne et nous raconte le tout ^^).

Au final

Un sentiment mitigé face à cette lecture. De bons moments passés en compagnie de Ridley, une écriture sympathique, mais une intrigue un peu tirée par les cheveux et pas du tout effrayante (pour un thriller). 

Si je croise son autre livre : Sans issue, je pense le lire.


Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 26 livres — 26 auteurs. Lettre U


5 commentaires :

Véro a dit…

C'est curieux car le nom de cette auteure me dit quelque chose mais l'autre titre dont tu parles ne m'évoque rien... à moins que je ne la confonde avec quelqu'un d'autre ?

nanet a dit…

Je ne sais que te dire... j'ai croisé cette auteure sur un blog, avec son autre livre. Tu as eut-être lu aussi cet article ?

Biz

isallysun a dit…

Même si tu dis être mitigée, je crois que tu l'as plus appréciée que moi!

nanet a dit…

Comme je te le disais sur mon/ton suivi, je ne me souviens plus de ce livre ! ce n'est jamais très flatteur, ni gage de qualité, chez moi... J'ai même dû relire mon propre article pour me souvenir du contenu, je confondais avec un autre bouquin.

Biz

Frankie a dit…

Oui ce roman fait partie de ce que j'appelle les gentils romans policiers :) comme les Mary Higgins Clark. Mais ça se lit bien même si comme tu dis les personnages sont stéréotypés.

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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