Le Testament des sciècles de Henri Loevenbruck

"C'était du pur Sophie. Télégraphique. Quant à ses bises, j'aurais préféré les avoir sur la peau que sur papier, mais la journée ne commençait pas si mal."
(P221)


L'auteur
Henri Lœvenbruck est né à Paris en 1972.

Journaliste et écrivain, fasciné par la fantasy – la forme la plus moderne du roman d'aventures selon lui – il a décidé d'inscrire son nom aux côtés de ses illustres devanciers.

Il a aussi crée une revue : Science-Fiction Magazine et il se consacre aujourd'hui à l'écriture de romans et de scénarios pour le cinéma, avouant son penchant pour le thriller d'investigation et pour la Fantasy. Son dernier livre Les Cathédrales du vide est sorti en Octobre 2009.
Il publie en 2003 Le Testament des siècles aux éditions Flammarion. Ce polar ésotérique, publié en France avant la vague du Da Vinci Code, rencontre à son tour un vif succès, y compris à l'étranger (droits vendus dans 9 pays et adapté en bande-dessinée aux éditions Soleil). 

Résumé officiel

Installé aux États-Unis depuis la mort de sa mère, Damien Louvel, scénariste d'une série télévisée à succès, doit rentrer en France à la suite du décès tragique de son père.
Il découvre alors que celui-ci menait d'étranges recherches historico-philosophiques autour d'un mystérieux objet - la pierre de Iorden -, qui semblent lui avoir coûté la vie.
Aidé d'une journaliste, dont il tombe amoureux, Damien décide de poursuivre les investigations de son père, et se lance dans une course effrénée, de bibliothèques en sociétés secrètes, de Gordes à Londres et au cœur de Paris. Une enquête qui va bouleverser sa vie à jamais et le mener sur les pistes des templiers, des francs-maçons, de Léonard de Vinci et de Napoléon…
Hackés, traqués, menacés, Sophie et Damien n'auront de cesse de mettre au jour le plus vieux secret de l'Humanité : le dernier message laissé par le Christ. Mais à quel prix…



La BD


Une BD a été réalisée par Nicolas Jarry et Henri Loevenbruck en 2007 - Melencolia - , suivie d'un deuxième tome en 2009 : La pierre de Iorden.

Le synopsis du premier tome semble similaire à celui du livre.  le tome suivant, serait une suite. Je ne les ai pas lu (sinon, je connaitrais les intrigues) mais je tenterai de les trouver ne serait-ce que pour visualiser l'histoire autrement.



L'histoire

Ayant lu le premier tome de la Moria de cet auteur, je voulais découvrir sa plume dans un autre genre. J'aime bien les polars dit ésotériques (qui mêlent  l'Histoire à leur trame) et j'ai donc choisi de lire ce livre plutôt qu'un thriller...

Le résumé, comme souvent, donne énormément d'informations sur le sujet et les principaux évènements du livre. C'est dommage. Par conséquent, vous avez un aperçu de ce qui se trame dans les pages de ce bouquin : un new-yorkais par adoption revient à Paname après le décès de son paternel et découvre que ce dernier cachait un drôle de secret qui va mettre sa vie ainsi que celle d'une charmante journaliste gaie (et lesbienne). Ce n'est pas ce qui m'a fait choisir ce livre ! mais plutôt les références aux templiers, aux franc-maçons...

Beaucoup penseront que ce livre surfe sur le phénomène Da-Vinci-Code. Sauf que la primeur revient à Loevenbruck qui a renoué le premier avec le genre et donné une belle interprétation des faits historiques dans cet opus. Et il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Il met un peu de tout dans son investigation : les franc-maçons (et le Grand Orient), les Templiers de Malte en passant par la Lorraine (ah, euh, oups, je m'emballe, le sud...), l'inquisition, bien sûr avec un ordre actuel très intrusif... Les ordres sont donc bien présent et l'histoire balaye plusieurs siècles, depuis Jésus jusqu'à nos jours avec la guerre de 1940 et harcèlement des juifs ou des francs-maçons.

Melancholia de Albrecht Dürer
J'ai bien aimé le passage déroutant où les franc-maçons gémissent d'avoir été autant spolié et dénudés que les Juifs. S'il est vrai que les obédiences maçonniques de France ont été grandement touchées, il ne faut tout de même pas comparer ces deux faits. Loin de moi l'idée de dénigrer les uns ou les autres ou de prétendre que ces hommes n'ont pas été harcelés. Je n'ai jamais aimé le vieil adage « Un juif n’est jamais responsable de ses origines. Un franc-maçon l’est toujours de ses choix » (G Pétain entre autre), qui a servi à la grande razzia antimaçonnique de cette époque. Je crois surtout que tout les prétextes étaient -sont- bons pour anéantir ceux qui nous gênent ! Et, c'est bien sûr une autre forme de racisme, que je ne peux donc cautionner.

Ici, Henri Loevenbruck nous donne une notion de l'histoire moins connue, et c'est un très bon point. Il parvient à sortir des rouages faciles et axe une partie de ses recherches (et celle de ses héros) dans une volonté de faire ressurgir des points oubliés.

Toutefois, je lui reprocherais de frapper un peu partout, et de marier beaucoup de choses entre elles. Dürer, Da Vinci, Chagall (une courte évocation) pour les peintres sont déjà de grandes références qui occupent une bonne part de l'enquête. J'ai d'ailleurs découvert dans cet ouvrage que les deux premiers étaient contemporains et j'aime toujours autant apprendre en m'amusant... Mais, H Loevenbruck va ajouter au fil des pages d'autres références, d'autres éléments et au final, j'ai trouvé que cela faisait énormément de choses. Un peu trop. Comme l'historienne anglaise qui s'immisce dans l'histoire au bon moment, apportant l'information qui manquait pour faire le lien...

Je conclurai cette partie historique en revenant sur un point particulier, l'utilisation de la bible et des deux testaments (ancien et nouveau) que j'ai apprécié par la façon simple dont l'auteur les détaille. Il se sert des différences entre les deux textes pour appuyer son écrit, et s'en sort divinement bien !


Mais ce livre est aussi et surtout un polar, bien que par moment, je me sois un peu détaché de cette évidence. Et là, c'est vraiment bien pensé, l'intrigue tient la route, les scènes de poursuite sont crédibles, la monté de l'angoisse est ressentie tout au long du bouquin, et l'une des dernières scènes m'a fait poser le bouquin  rageusement en disant : "NON, il n'a pas osé !" mais si, il a osé et pour ce petit point (majeur, tout de même) je suis assez ravie de ma lecture. (Je sais que là vous me maudissez, mais lisez ! )Sans oublier l'utilisation des outils moderne : ordinateurs et surtout Internet, avec un Hacker exceptionnel...

J'en terminerai avec les personnages, que j'ai trouvé un peu léger. Ils ont un rôle précis, dans l'histoire, mais j'ai trouvé qu'ils manquaient un peu de ressort, de profondeur. J'aurais aimé avoir un peu plus des sentiments de Claire, de Stéphane, de Sophie, aussi... mais, la forme choisie à forcément limité cette possibilité.

Le style

Le livre est écrit à la première personne, mais je ne suis pas parvenue à m'identifier à Damien. On comprend bien ses doutes, ses souffrances, et l'auteur en fait un véritable antihéros un peu galoche,  se disant inculte (alors qu'il a fait Kagne ! ) et qui semble l'être réellement... Ce personnage est très sympathique, au final. Assez crédible aussi.

Le fait d'être écrit ainsi m'a bloqué pour comprendre et adhérer totalement à l'histoire. Beaucoup de dialogues, parfois longs, puisque les autres protagonistes expliquent à Damien des longs pavés historiques ou sur les artistes tel que Da Vinci... ce qui casse forcément le rythme. C'est intéressant, par contre, et cette forme donne un aspect vivant au livre. j'aurais juste préféré que les dialogues soient entrecoupés de réactions des autres protagonistes et donc plus interactifs.

Les personnages perdent un peu en attachement, du fait qu'ils sont vus au travers des yeux de Damien... il passe un peu rapidement de l'un à l'autre et oublie parfois que ce sont des êtres humains ! il en faut beaucoup pour qu'il accorde son amitié, son amour... sauf pour Sophie qui est rapidement intégrée dans le microscopique cercle des adorés. J'ai trouvé la façon dont l'auteur fait réagir son personnage face à Claire ou Lucie un peu cavalière, et ne collant pas totalement au personnage. Du moins à la vision que je m'en suis faite. Donc, à mon gout, les personnages sont le point faible de ce livre.

Le temps est bien respecté, mais tout se passe en peu de jours, ce qui rend au final l'histoire un peu moins crédible. Certes, ils sont aidés par des pro dans leurs genre, mais ils parviennent à résoudre un énigme vieille de quasiment deux mille ans en moins d'une semaine !

Au final 


Un bon livre que je vous conseille si vous aimez les romans ésotériques. Il marie agréablement enquête policière avec une version de l'histoire fort sympathique. Un petit bémol pour la forme qui n'a pas su me convaincre.




Livre lu dans le cadre du challenge 26 livres - 26 auteurs


18 commentaires :

Véro a dit…

Ton billet me rappelle qu'il est inscrit dans ma LAL ...

Frankie a dit…

L'autre jour sur Livraddict en plus d'être petite tête, j'avais confondu ce livre avec Les Cathédrales du vide ! J'ai donc lu ce Testament des siècles mais en lisant ton article, je m'aperçois qu'il ne m'en reste pas grand chose, à commencer par l'intrigue sur les francs-maçons ! Je me rappelle du héros, de la fille, du Sud de la France et autres bribes mais le reste, pschitt ! Pourtant j'avais bien aimé ! :)

nanet a dit…

@ Véro : j'espère qu'il te plaira. Il est sympa, mais j'ai la sensation d'être un peu difficile en ce moment...

nanet a dit…

@ Frankie : la partie sur les franc-maçon tient seulement en quelques pages, mais j'ai bien aimé, que pour une fois ils soient mis en avant, par rapport aux autres clans, clubs, ordre... qui sont aussi cités dans ce livre.

Je pense lire autre chose de lui, p-ê les Cathédrales car je trouve son écriture sympa.

Biz

Anasthassia =) a dit…

Je n'ai jamais lu de livres de ce genre et je suis assez curieuse, ça à l'air intéressant : pourquoi ne pas essayer ? ;)
Par contre je me demande si à mon âge ce n'est pas un peu juste, peut-être que je devrais attendre quelques années avant de tenter cette lecture ?

Merkillia a dit…

J'avais adoré ce livre à l'époque où je l'ai lu (il y a quelques années)! Il m'avait tenu en haleine de bout en bout!

Petit plus qui pourrait peut-être t'intéresser: dans Le syndrome Copernic du même auteur, on retrouve brièvement certains personnages du Testament des siècles. Je crois que ce deuxième livre pourrait aussi te plaire, c'est un autre bon thriller!

J'ai aussi lu Les Cathédrales de vide, qui semble t'intéresser, et je l'ai bien aimé, mais la trop grande présence d'acronymes français m'avait un peu gâchée la lecture (étant québécoise ^^).

nanet a dit…

@ Anasthassia : à part si tu as moins de 15 ans (et encore), je ne pense pas que ce livre soit difficile à comprendre ! Il apporte une autre vision de l'histoire qui peut s'avérer fort ludique, et te pousser à effectuer quelques recherches plus poussées. C'est bien, je trouve.

Biz

nanet a dit…

@ Merkillia, merci. J'hésite entre les cathédrales et le syndrome de Copernic. Mas si on retrouve des perso, peut-être qu'effectivement, je tenterai ce dernier...

Au fait, je n'aime pas les sigles, en général. C'est toujours pénible de voir noter des IDM et autres acronymes. Dans mon boulot, ils en usent parfois, et cela rend les textes un peu illisible, voire incompréhensibles. Et là, cela peut être dangereux...

Biz

Frankie a dit…

Je viens mettre mon grain de sel :) mais avant de lire Les Cathédrales, je crois qu'il faut lire Le rasoir d'Ockham avant car le héros est présent dans les deux. Donc tu risquerais d'être spoilé sur Le rasoir...

nanet a dit…

Ce qu'il y a de bien avec vous, c'est que ma PAL ne peut que augmenter...

*wub*

Je regarderai donc d'abord pour le syndrome, puis le rasoir, enfin les cathédrale... remarquez qu'un mec qui a un syndrome, peut utiliser bizarrement un rasoir et l'histoire se terminer dans une cathédrale ^^

Frankie a dit…

Ou peut-être que le syndrome de Copernic c'est de se raser dans une Cathédrale et qu'Ockham en est atteint ! :D

nanet a dit…

J'adore ^^

Bonne soirée, biz

laeti a dit…

J'aime les policiers historiques, mais ésotérique historique, je n'ai jamais testé! A voir donc!

nanet a dit…

C'est très sympa tu verras. Par moment, plein d'infos submergent un peu l'histoire, mais c'est bien traité.

Biz

Merkillia a dit…

Oulà, quelle gourde, j'me suis emmêlée les pinceaux. ^^ C'est Le rasoir d'Ockham que j'ai lu (et où il y avait tous ses sigles et acronymes), mais je souhaite quand même lire Les cathédrales du vide. Pardon pour la confusion. ^^

nanet a dit…

Ah ! comme quoi , cela n'arrive pas qu'à moi... cela me rassure, bon avec tous les livres que nous ingurgitons, on dira que c'est pas ben-grave...

Biz

Véro a dit…

Maintenant il est carrément dans ma PAL et dédicacé en plus ! ^_^

nanet a dit…

Waw, quelle chance ! Et bien je te souhaite de te régaler avec cette histoire.

Biz

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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