Poison Heart de Pierre Domengès


« J'empoignais mon Graal, de peur que Joey Ramones ne m'en pique une lampée entre deux refrains. 

Well, I just want to walk right out of this world, 
“Cause everybody has a poison heart. 
I just want to walk right out of this world, 
Cause everybody has a poison heart. 

Dee Dee dansait dans la pièce, sa basse tanguait à travers les cartons qui n'étaient pas encore déballés, il y avait quelque chose de tribal dans cet orgasme de rock et de whisky. Je crois bien qu'à ce moment-là je me sentais le plus heureux des hommes. ‘
(P89)


[Paroles et traduction de ‘Poison Heart’ de The Ramones : Alors, j'ai juste envie de marcher en dehors de ce monde, Parce que tout le monde a un cœur empoisonné. J'ai juste envie de marcher en dehors de ce monde, Parce que tout le monde a un cœur empoisonné.]



Ce livre m'a été offert par les éditions Arcane17 
dans le cadre du partenariat avec l'association Des crayons et des Plumes. 

L'auteur

Pierre Domengès est né en 1961.

Après un premier carnet de voyage à l’esprit "très rock’n’roll"... comme lui, publié en 2008, il publie grâce à un ami éditeur, cette nouvelle roman toujours très Rock en 2012.

Son site.

Résumé officiel

Estebanez a traversé les Pyrénées pour fuir le fascisme et gagner sa liberté, mais quelques décennies plus tard, c’est sa fille qui devra faire le chemin inverse pour se mettre hors d’atteinte de ceux qui veulent la détruire. Deux générations, deux victimes des maux engendrés par cette guerre que l’on ose presque plus nommer : la lutte des classes… La cheville ouvrière leur permettant de se retrouver s’appelle ‘la mite’. Journaliste sans nom, au travers de la route qui le mènera à Barcelone puis le ramènera sur ses terres du Sud Ouest, lui aussi trouvera une filiation.

‘Poison Heart’ est le premier roman de Pierre Domengès, qui avait déjà publié en 2008 ‘Raccourcis’ un livre de nouvelles. Récit rock au sens premier du terme, il est un roman qui hurle, cogne en même temps qu’il transporte.

Un extrait (en milieu de page)

L'histoire

Dans les premières pages, nous suivons un groupe, fuyant la guerre, à travers les Pyrénées. Mais, dès les pages tournées, nous nous retrouvons dans la tête d'un homme blessé par la vie, de nos jours. Aucun rapport avec les événements des premières pages ? Pas si sûr ! Car cet homme va rencontrer Estebanez et sa vie pourrait bien basculer...

Mon avis

J'ai cru, en lisant les premières pages, que l’histoire narrerait celle d'Estebanez, sa vie en France, un pays d'adoption. Mais, cette nouvelle — car pour moi un livre de 125 pages, n’est pas un roman, c'est une nouvelle ! — cette nouvelle, donc, est un cri, un constat noir et parfois rageur d'un homme contre la société ses abus, ses petites choses dérangeantes.

Le ‘héros’ est un journaliste alcoolo tabagique en rédemption, après un infarctus... quitté par sa femme, et constatant que sa vie n'a rien de bien attrayant. Reprenant le boulot, il s'enfonce dans un quartier hétéroclite où plusieurs nations se côtoient avec comme seul point commun leur pauvreté. C'est là qu'il rencontrera Estebanez, un vieil homme au regard affûté. En une phrase, il sèmera le doute dans son esprit. En un regard, il comprendra notre journaliste...

Je ne m'attarderai pas sur l'histoire, je l'ai trouvé bien pauvre, et, présente uniquement pour justifier une succession de textes, les lier (ou pas) et donner un sens, une raison d'être à ce livre. Vous l'aurez compris, je n'ai pas vraiment accroché à cette pauvre intrigue. C'est bien simple, je n'y ai pas cru un seul instant.

Non, ce qui justifie cet article, c'est le style de l'auteur !

Très loin des conteurs que j'apprécie, Pierre Domengès a un style qui frappe, qui choque, qui bouscule. Au-delà des jeux de mots, des petites jongleries amusantes et, certes, faciles, il a su créer un style à lui, entre gouaille provinciale et texte digne des chanteurs de Rock qu'il semble vénérer. Il cite, au fil des pages, des chanteurs, et surtout des bouts de chanson, qu'il intègre à son récit, comme le passage en citation, en haut de cet article. Cet exercice est amusant et donne une touche très personnelle à son texte, une sorte d'âme que j'ai beaucoup aimée.

D'autant que cela porte son discours, car, à travers cette histoire, c'est une dénonciation et un texte engagé que nous offre l'auteur. Une étude parfois sarcastique de la société qui nous entoure, des conflits intergénérationnels, et de cette lutte des classes qu'il expose, sans l'expliquer, mais en la jugeant. C'est fort, c'est frappant de réalisme, même si c'est un tantinet trop politisé pour moi, qui n'aime pas retrouver la réalité dans les livres que je parcours... Je lis pour m'évader, pas pour regarder le monde s'engouffrer dans une torpeur, un méandre noir.

Quant au personnage principal, son désarroi, sa détresse, sa petite dépression trouvant une réminiscence dans la société..., il ne m'a pas convaincu. J'ai trouvé trop faciles sa chute, son retour à ses vieux démons, et surtout la façon dont l'auteur les justifie. Maria est bien plus intrigante ! Elle a réussi à vivre malgré le mal que d'autres lui ont fait, sa jeunesse volée. Et son retour en France, pour voir un père mourant, m'a touché. Je trouve dommage que cette partie ne soit pas plus importante dans l'histoire, au lieu des gémissements d'un pauvre type qui ne boit plus... mais replonge.

Enfin, le temps m'a échappé. Il est insaisissable, mais cela n'a finalement guère d'importance. Les pages sont, comme je l'ai dit, des nouvelles collées sur une trame, et le temps est celui que l'on veut bien accorder à ce genre d'ouvrage. En calculant, l'ensemble pourrait se dérouler en quelques jours, ou des mois.

Trois mots

Un mot pour : Style
Un mot ni pour ni contre : Étude de société
Un mot contre : Intrigue

Au final 


L'écriture ne fait pas tout ! Ce livre me laisse la sensation de mots, posés sans fondement, pour leur beauté, pour jouer... ils sont charmants, mais il manque une véritable histoire, plutôt que les sentiments noirs du héros. 

2 commentaires :

Véro a dit…

Bah, j'avoue ne pas avoir envie de découvrir le style de l'auteur d'autant plus que je ne suis pas une fana de rock...

nanet a dit…

Je n'aurais jamais lu ce livre si l'éditeur ne me l'avait pas envoyé ^^ mais bon, c'est sympa de sortir de ses lectures habituelles.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Newsletter

Vous pouvez être avertis des publications.

Entrez votre adresse mail :

Merci !


Géré par FeedBurner

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)