Chassés-croisés de Damien Khérès


" Et d'ailleurs, qu'est-ce que la réalité ? Chacun ne fabrique-t-il pas sa propre réalité ? "
(P94)


L'auteur

Damien Khérès est né en 1981 aux Émirats Arabes Unis, avec, pourtant, une nationalité française.

Ses années passées à l'étranger lui ont apporté une certaine ouverture d'esprit, un besoin permanent d'enrichissement culturel ainsi qu'un goût prononcé pour les voyages. Après des études d'ingénieur à Toulouse, il travaille actuellement sur Paris dans le secteur de l'informatique bancaire.

Résumé officiel

L’incroyable aventure d’un enfant disparu, un médium aux techniques redoutables, une énigme frigorifique aux frontières du réel, le mystère d’une odeur tenace ou encore le récit amusant d’un indésirable sur le sol américain sont parmi les dix nouvelles qui composent ce recueil. Dix histoires aux univers différents qui oscillent entre réalisme et irrationnel, entre quêtes et révélations où l'homme entouré de signes, d'éléments inexpliqués, est parfois impuissant et ne peut tout contrôler. Damien Khérès s’amuse avec le lecteur et l’emmène voyager sur le cours de son imagination en ponctuant ses nouvelles de coups de théâtre bienvenus et inattendus. « Un recueil original empli d'une sensibilité à l'intuition et à la synchronicité, comme un écho à l'ultra réalisme de certaines nouvelles. »

L'histoire

Le temps, les événements, le hasard... tout cela fait que parfois la vie prend un drôle de tour. Ces Chassés-croisés de destinées sont ici racontés sous forme de nouvelles, montrant qu'un rien, une infime poussière peut rendre un rouage grinçant. Vies d'hommes, sentiments humains, et révélation des âmes, ces nouvelles mettent en lumière la bizarrerie des enchaînements d'événements et le ressentit de leurs protagonistes.

Mon avis

Décidément, mes lectures se suivent sans se ressembler, même si dernièrement un autre recueil de nouvelles a trouvé sa place dans les pages de ce blog... Ces deux livres sont très différents, et assez complémentaires : Trois cents secondes offre douceur et poésie, alors que ce recueil est plus axé sur les événements, les hommes, et la bizarrerie de la vie : le hasard, le destin...

Les premiers mots nous entraînent sur les traces d'un grimpeur, qui, loi de la pesanteur oblige, retombe... ce n'est pas le propos du texte. Ce que l'auteur nous a concocté c’est tout ce qui a mené cet homme sur cette paroi, les événements, les petits riens, la vie, les indices, les aléas. Une photo dans un magazine, une promotion déposée sur le pare-brise d'une voiture et nous voilà embarqués dans une aventure.

Et c'est cela que nous raconte Damien Khérès tout au long de ces nouvelles. Les aléas de la vie ! Le pourquoi d'un chamboulement, les faits qui nous font basculer. Ici, cet homme a renoué avec une ancienne passion, avant de choir... S'il ne s'était pas arrêté devant la vitrine d'une boutique de sport, vantant justement les joies de l'escalade, à un moment de sa vie où le besoin se faisait sentir de pratiquer à nouveau, il n'aurait pas grimpé cette falaise abrupte... Hasard, destiné ? Qui sait...

Tout au long des textes, le même sentiment revient, pour quelques secondes, les vies mises en jeu auraient pu être différentes. Changées. Et les hommes, les enfants présentés auraient eu d'autres chemins de vie.

Ainsi, dans la nouvelle éponyme, si la demoiselle venant garder leurs enfants était partie à l'heure précise pour leur rendez-vous, les Villaret n'auraient pas eu la frayeur de leur vie en constatant la disparition de leur fils...

Mais voilà, la vie est ainsi faite. Ne vous est-il jamais arrivé de tomber des clés, le matin, alors que vous alliez partir, et de constater, en arrivant au bout de la rue qu'un accrochage avait eu lieu ? Si vous n'aviez pas tombé vos clés...

Bien sûr, les si mettent Paris en bouteille et les propos de Damien Khérès vont au-delà de ces simples aléas, coup de chance ou malchance de la vie. Il présente des personnages, des caractères, des moments de vie, avec une belle plume, efficace et simple. Beaucoup de jeux sur les mots, et quelques paraphrases lui permettant de préciser une pensée, de l'accrocher à notre mémoire. Cette écriture métaphorique, usant parfois de phrases « toutes faites », donne une jolie teinte à l'ensemble et rend ces textes abordant régulièrement la mort, assez doux.

Je regrette, toutefois, une forme globale redondante. Les nouvelles reprennent un peu trop la même construction, avec le présent, un retour sur les événements précédents, puis la chute. Peut-être qu'un changement dans la forme donnerait un souffle différent ? Une aura différente aux histoires ?

Je n'ai pas d'histoire préférée dans cet ensemble de 10 nouvelles, mais j'ai beaucoup aimé la nouvelle Une odeur tenace qui flirte avec la littérature fantastique, ou encore l'éclaireur qui donne une vision sympathique des médiums... Celle que j'ai le moins appréciée est : Pourquoi je n'aime pas les États-Unis, qui m'a semblé moins romancée, moins intéressante dans son ensemble, moins liée, justement aux aléas, aux petits riens. Enfin, la nouvelle éponyme est sans conteste la meilleure, jouant sur plusieurs rebondissements, plusieurs aléas...

Enfin, le musicien est une réécriture d'un fait réel, à moins que cela ne soit une légende urbaine...

Trois mots

Deux mots pour : style, thèmes
Un mot contre : redondance de la forme

Au final 

Bien qu'hétéroclites, ces nouvelles m'ont bien plu, grâce au très joli talent de conteur de l'auteur. Plusieurs chassés-croisés sont à relever, mais la nouvelle éponyme est sans aucun doute, la meilleure ! D'agréables moments de lectures.

1 commentaires :

Véro a dit…

Là, je passe... je n'aime pas les nouvelles...

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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