Soleil Noir de Armèle Malavallon




Éditeur : Les nouveaux auteurs – Nb de pages : 323
Série : / 
Catégorie : Polar



Petite, Armèle Malavallon-Carlier voulait être Dian Fossey ou Simone de Beauvoir. Elle est devenue vétérinaire, a frayé avec les maladies infectieuses et la vaccinologie en Provence, les cochons et les poulets au Vietnam et les chimpanzés au Congo. Entre autres. 

En 2011, elle écrit deux chapitres du polar interactif Connexions lancé par l’émission de TF1 « Au Field de la Nuit » et publié chez Plon. Elle vit à Montpellier, entourée de quatre mâles magnifiques, dont trois castrés. (source)




Montpellier, mois de juillet, sous un soleil de plomb. Le corps d’une paisible retraitée, ou plutôt ce qu’il en reste est découvert un dimanche matin dans son salon. Un petit tas de cendres et deux jambes intactes semblant miraculeusement rescapées d’un brasier infernal. L’hypothèse d’un phénomène de combustion humaine spontanée est aussitôt évoquée, plongeant les policiers chargés de l’enquête, dans une profonde perplexité. Un deuxième corps va les lancer sur la piste du Seraphim, l’ange de feu ou bien le Diable en personne ? 


Gagnant Prix VSD 2015. Président du jury Franck Thilliez.





J’ai vu passer, sur le mur FB d’Armèle, charmante auteure rencontrée sur une dédicace commune, une photo de ce roman, avec le bandeau indiquant qu’il venait de remporter le prix du polar 2015. Action immédiate, je l’ai commandé... et lu pratiquement dès réception.

Ce livre entre dans mon ABC 2015, lettre M


Une combustion spontanée rend les scientifiques perplexes et les flics un peu dubitatifs. Mais, une seconde, dans la même région, à quinze jours d’intervalle... plus de doute, le surnaturel s’échappe laissant place à un tueur !


Déjà, l’histoire se passe dans une région que je connais particulièrement bien, et certaines scènes se déroulent près du centre de Vol à Voile du Pic Saint Loup, où je passe chaque année quelques heures, à regarder les beaux planeurs voguer sur les nuages, si je ne suis pas dedans... Du coup, les premières pages du livre m’ont fait chaud au cœur, j’avais la sensation d’être là, à côté du personnage principal, dans cette chapelle et j’imaginais sans difficulté un de mes amis aux commandes de l’engin décrit.

Mais, cette histoire ne s’arrête pas à ce tout premier chapitre, elle nous plonge dans une intrigue pas banale, avec des histoires de vies chamboulées, perturbées, et des actes cruels. La plume d’Armèle, douce et simple, rend un livre d’une lecture plus qu’aisée, et reflète une belle maîtrise. L’horreur de certaines scènes est amplifiée par les mots clairs, posés sans artifices et par des petits jeux de mots glissés sobrement. J’ai, par exemple, beaucoup aimé le chapitre qui commence par un « ronronnement des climatiseurs », alors que le précédent termine sur une recherche de... chats ! Mais chut, je ne vais pas vous en dévoiler plus.

Les descriptions sont, elles aussi, simples, et je dirais, heureusement, car vous me savez très sensible aux images dépeintes, et j’avoue que certaines scènes de ce livre, avec un style plus travaillé, plus démonstratif, m’auraient bloquée. Bref, un savant équilibre qui m’a permis d’apprécier l’intrigue sans être gênée par les images macabres ou violentes, alors qu’elles sont là, donnant à ce roman une crédibilité incroyable. La surenchère est souvent ce que je regrette, comme les longues parties narratives inutiles... ici, le rythme est rapide, les enchâssements permettent de connaître les personnages, et sont donc fort utiles, et quelques jolies scènes de vie rendent cette histoire ancrée dans une réalité appréciable.

L’enquête, comme souvent, piétine, tourne, vire, les indices manquent (tout a été brûlé) puis, un petit rien met la puce à l’oreille des enquêteurs et ils déroulent le fil, lentement, sans certitude, sans laisser tomber les autres débuts de piste. C’est monté clairement, chronologiquement, et l’on découvre en même temps que les inspecteurs, les éléments qui nous conduiront à la solution.

Je voudrais préciser que les apports scientifiques et médicaux sont semés avec parcimonie, ainsi que la romance. Le tout est d’un bel équilibre, avec une alternance de chapitres courts, qui donnent un rythme de lecture sympathique.

Enfin, la fin est divine ! Mais là aussi, chut...


Des personnages charismatiques, bien différentiés et en nombre limité. J’ai beaucoup aimé le Commandant Peyot, Popèye pour les intimes, avec ses muscles saillants, ses tenues seyantes, et son petit air sombre, son cœur en souffrance. Son histoire, enchâssée dans le roman, est touchante.

Le capitaine Domingo (pauvre chou, Placido ?) est plus jeune, moins enclin à garder ses sentiments, qui fusent sous le regard parfois noir de Peyot, et leur entente donne une touche très humaine.

Enfin, j’ai trouvé le Psychiatre très bien croqué, avec quelques scènes amusantes.


Chronologique, en plein été montpelliérain, ce qui se traduit par des tee-shirts collés aux muscles de ces messieurs (!!) ou de ces dames (euh, pff) et des descriptions matinées de ces auras de chaleurs, ou des arbustes rabougris.

Les lieux m’étant connus, j’ai peine à déterminer si leur description est parlante.


Les mots pour :  style, intrigue, personnages et lieu du roman (comment ça, c'est subjectif ?)

Les mots contre : /

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 3,5 Personnages principaux (/3) 3
Style 2 Crédibilité 1,5 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 1 
Description 1  Violence/tendresse 1  Temps et espace (/2) 2
Sensation générale (/3) 2,5 Rythme général (/2) 2 Total (/20) 18



Un polar efficace, simple et bien monté, avec des personnages touchants. Pas de surenchère horrifique, une intrigue  crédible. Coup de cœur, ce qui pour un polar, est un exploit !


3 commentaires :

  1. Ahhh ! une chronique qui a piqué ma curiosité et qui devrait me faire acheter ce bouquin en effet ! Je note ! Merci Nanet ! Contente que tu puisse trouver un bon roman dans ce genre qui ne t'es pas favori ! ;)

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  2. Ta chronique m'a vraiment donné envie !! Hop dans ma WL !

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  3. Je partage entièrement votre vision de ce polar propre et non propret!

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