Le revers de la médaille de Olga Lossky

Affronter le passé peut-être difficile et se contenter d’attendre qu’il frappe à votre porte une solution. Mais, lorsque la vie vous renvoie sur ses traces, et que même le Pape vous pousse à le regarder en face, il ne vous reste que peu d’échappatoires. C’est ce qu’aborde Olga Lossky dans ce très joli roman : Le revers de la médaille.


Éditeur: Denoël

Nb de pages : 304

Série : / 

Catégorie : Contemporain - roman historique.

Traducteur : /.

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre m’a été offert par les éditions Denoël,
dans le cadre d’un partenariat.

Fin des années trente. Pál est un jeune artiste hongrois, étudiant à la faculté des beaux-arts de Budapest. En quête de modèle pour un projet de médaille, il fait la connaissance d’une jeune pianiste, Erzsebet. Fasciné par sa beauté, il réalise son portrait. Avec cette esquisse, Pál espère remporter le prestigieux concours organisé par la Monnaie de Budapest. Mais les événements décident autrement de son destin et le prix obtenu n’est pas celui qu’il attendait… Les années ont passé. Installé à Londres, l’artiste – assisté de sa femme, la fidèle Nicky – est devenu l’un des médaillistes les plus renommés de son temps. Musiciens et hommes politiques le sollicitent pour immortaliser leurs traits. Après bien des personnalités illustres, c’est au tour du pape de lui commander une médaille à son effigie. Pál hésite, de peur de croiser dans les rues romaines le jeune homme qu’il a jadis été. Ainsi qu’il le craignait, cette rencontre avec le pape va l’entraîner dans un inéluctable processus de dévoilement. 

On retrouve dans Le Revers de la médaille la belle et captivante écriture d’Olga Lossky, qui nous plonge dans le destin d’un homme d’exception, marqué par son époque et prisonnier d’une histoire qui le hante.





Olga Lossky est née en 1981 à Paris.

Titulaire d’un DEA de lettres obtenu à Toulouse, elle est l’auteur de deux romans parus chez Gallimard, « Requiem pour un clou » (2004) et "La révolution des cierges" (2010), d’articles publiés dans la revue « Le chameau et le chas » (Journal de la jeunesse orthodoxe) et d’une pièce de théâtre, « Lourmel, 26 octobre 1936 ». 

L’histoire

  •  Un homme confronté à son passé qu’il a pourtant tenté de gardé éteint dans ses souvenirs. 

Mon avis

L’histoire est superbe et racontée avec talent. Voilà ce qui résume en quelques mots ma pensée, en posant ce livre. C’est un peu court pour le présenter.

Le passé effrayant.


Pàl, le héros de cette histoire en trois parties, est un jeune homme juif qui va partir de sa Hongrie natale pour l’Angleterre après quelques mois à Rome. Ses parents, dont il restera sans nouvelles, l’ont poussé dans cette fuite salvatrice. 

Car l’histoire débute en 1938 et la Grande Guerre va rattraper Pàl et les Allemands entrer dans Budapest quelques jours après son départ. De la guerre, il ne connaîtra que la fuite en avant, et 

Mais Pàl va occulter toute cette partie de sa vie, dès l’automne 1944 tout en espérant une lettre, un signe, un indice qui donnerait vie à ses proches. Cette partie du roman est abordée avec simplicité. Pàl tait ses souvenirs, les refoule.

L’auteur écrit cela avec beaucoup de pudeur. Les événements sont touchés du bout des mots, suggérés sans grandiloquence, sans scènes larmoyantes. L’enquête menée par l’épouse de Pàl dévoile peu à peu les vécus des uns et des autres et c’est avec une délicatesse appréciable que l’on saisit le devenir de la famille occultée par le héros.

Un métier particulier.


Médailliste, un métier que j’ai pu découvrir par ce roman, même si je reste un peu sur ma faim concernant cette partie de l’intrigue.

La confection est abordée sans vraiment détailler le sujet. L’artiste est dépeint, son art reste pourtant survolé. Quelques termes techniques, une idée du passage du dessin croqué à la composition finale, mais tout un pan de la fabrication, par exemple, la réduction est laissée de côté.

Cela appauvrit un peu le texte et c’est dommage, car le livre est "court" (304 pages) et un paragraphe de plus n’aurait pas entaché le roman.

Ceci dit, c’est vraiment un détail, puisque le reste est d’une grande finesse et le désarroi de Pàl bien cerné. 



Au final

Les mots pour : Style, thème abordé, tempo du roman, chapitres courts.

Les mots contre : un petit bémol pour certains pans du métier du héros peu détaillés.

Style : 4/5
Intrigue : 3.5/4
Personnages  : 3/4
Écriture : 2 Crédibilité : 1.5
P principal(aux) : 2/3
Narration : 1 Action : 1
P secondaires : 1/1
Description : 1 Violence/Tendresse : 1
Temps et espaces : 2/2
Sensation générale : 2.5/3
Rythme général : 1.5/2
Total : 16.5/20

En bref : Une très jolie découverte avec ce texte revenant sur les instants tragiques des juifs de Budapest à travers les vécus de deux êtes flegmatiques. La dépression de Pàl, son deuil sur de longues années, fait de ce roman une œuvre appréciable et abordée avec une grande finesse par l’auteur. 

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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