Conte de la plaine et des bois de Jean-Claude Marguerite


Ce chien qui aboie, là-bas, est-ce Dick ? Est-ce un souvenir ou l'écho d'un autre animal ? saviez-vous que les cerfs aboyaient aussi ? C'est l'un des petits détails qui agrémentent ce magnifique texte de Jean-Claude Marguerite : Conte de la plaine et des bois.


Éditeur: Les moutons électriques

Nb de pages : 126

Série : / 

Catégorie : fantastique

Traducteur : /.


Pourquoi ce livre ? 

Ce livre m'a été proposé avant sa sortie, prévue en septembre, par l'éditeur que je remercie pour cette très agréable découverte. 

De retour dans son pays natal, le patron d’un grand studio de dessins animés entend aboyer Dick, son premier chien, pourtant mort il y a longtemps.
Il sort à sa recherche, traverse la rivière, se perd dans les bois… où il croise un garçon qui accompagne « son » Dick pour son ultime voyage. Débute un périple à la frontière du fantastique – ils dorment dans une maison hantée, partagent la dernière noisette de Mister Kreekle, son personnage fétiche… 
Toute fin étant une question de point de vue, chacun des trois voyageurs proposera la sienne.



Biographie


Né en Normandie en 1955, Jean-Claude Marguerite a été photographe, journaliste, publicitaire. Il travaille aujourd’hui dans l’édition et enseigne la PAO à l’université Paris 3 – Sorbonne nouvelle. D’un conte imaginé pour son fils, il a tiré Le Vaisseau ardent, écrit sur une période de dix-huit ans.

Dès sa sortie, ce premier roman a été nommé Coup de cœur 2010 du Point. "Conte de la plaine et des bois" est son deuxième roman, un texte superbe où le « nature writing » se fait fantastique onirique.

Son site.

L'histoire

  •  Un homme court la campagne à la recherche de son passé et rencontre, au fil de ses pas, un jeune garçon auquel il transmet un peu de son amour pour les bois environnants, pour les dessins animés... 

Mon avis

Entre conte et expérience de vie, ce livre m'a emporté au-delà des mots sublimes de l'auteur, dans un voyage onirique.

La richesse du conte.


L'auteur, dont j'avais souligné la plume remarquable dans un précédent article, signe ici un texte superbe, plein de poésie et d'une grande richesse stylistique. Entre rimes, sans tomber dans un poème, mots décalés pour des métaphores somptueuses, jeux de sons pour une harmonie, ce texte coule et emporte le lecteur dans sa douceur.

Alors, certes, c'est d'une langueur tout automnale avec des feuilles qui tombent et des mots qui charment. Ne cherchez pas d'aventure autre que personnelle, d'actes autres que cette réflexion que le héros s'impose. Jean-Claude Marguerite plonge dans l'introspection d'un homme âgé face à son passé, ses souvenirs, ses rêves envolés.

Mais, du coup, par ce texte atypique, l'auteur s'éloigne d'un lectorat d'action pour se concentrer vers ceux qui aiment les belles plumes, les songes et se laissent porter par le plaisir des mots.


La nature.


La nature devient un personnage primordial, le quatrième acteur de ce court roman. Elle est magnifiée par les descriptions, se veut joueuse lorsqu'elle éloigne les héros de leurs sentes, bruyante par les cris et échanges des oiseaux, riche par ses couleurs automnales...

Décors de ces quelques heures, de cette rencontre entre un homme âgé et un garçon, elle va les mener au gré de ses volutes, de cette rivière suivie ou affrontée, de ce lac que l'artifice des hommes à vidé, jusqu'à hanter une vieille demeure pour une nuit.

Ne manque que les odeurs à cette ode. Jean-Claude Marguerite a puisé dans les dictionnaires tout l'arsenal descriptif possible pour déclarer sa flamme à cette belle nature, aux arbres majestueux, aux oiseaux chanteurs et à ce petit écureuil dont il a imaginé un héros avec canne et béret.


Fantastique.


Mon seul bémol, et encore, sera lié à l’appellation fantastique. Ici, je parlerai plutôt d'onirique, de songe, de rêve. Car le texte ne recèle pas ces éléments que l'on considère de nos jours comme fantastiques : pas de monstre sanguinaire, mais une ambiance ; pas de fantômes sauf ceux du passé ; pas de vampire, même pas de chauve-souris.

Alors, pour la lectrice que je suis, qui s'attache aussi aux très belles plumes, parfois au détriment des actes, cela n'a guère d'importance, puisque l'auteur a su m'embarquer dans cette introspection, dans ce voyage.


Jeu narratif.


Je terminerai par un petit mot sur les trois parties du texte. L'auteur s'amuse des mots et pousse son jeu à changer de narration, dans la partie centrale. C'est très agréable. Un peu comme un essai, un écrit pour la beauté avec des thèmes imposés.

Trois fins sont proposées, avec la vision de chacun des personnages. Je n'ai pas eu de préférence, et je crois que l'une d'elles m'aurait manqué, si l'auteur s'était contenté d'une seule.


Au final

Les mots pour : Style, nature, descriptions

Les mots contre : ...

Style : 4/5
Intrigue : 3/4
Personnages  : 3.5/4
Écriture : 2 Crédibilité : 1.5
P principal(aux) : 2.5/3
Narration :1 Action : 0.5
P secondaires : 1/1
Description :1 Violence/Tendresse :1
Temps et espaces : 1.5/2
Sensation générale : 2.5/3
Rythme général : 1.5/2
Total : 16/20

En bref : un conte onirique magnifiquement écrit qui vous emmènera sur les traces des souvenirs... 

2 commentaires :

Neko a dit…

Merci pour cette chronique, nanet ! Tu me confortes dans mon envie de me procurer ce livre :)

lacavernedhaifa a dit…

Merci beaucoup pour cette chronique, un roman que je me vois bien lire à la rentrée, au début de l'automne.

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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