Dracula de Bram Stoker

«Toute abstraction est si dure à accepter que notre premier réflexe est de la refuser, d'autant plus si elle s'inscrit à contre-courant de ce que nous avons toujours pensé.»
Bram Stoker - Dracula


L'auteur


Bram (Abraham) Stoker est né en 1847 en Irlande et mort en Angleterre en 1912.

Sa mère (l'écrivain Charlotte Matilda Thornley) l'a gardé près d'elle pendant son enfance, et lui a narré de nombreuses légendes irlandaises... plus tard, il effectua des études de mathématique, mais gardera une préférence pour la poésie et la littérature.

Il publia son premier roman en 1875 " The Chain Of Destiny". Mais, il sera détourné de sa carrière de fonctionnaire par l'acteur Henry Irving qui le poussera à devenir administrateur de théâtre. Ce poste lui permettra de rencontrer Richard Burton (ou du Dr Arminius Vambery) passionné de légende Européeene qui le parlera longuement du chevalier Vlad Tepes, célèbre pour son extrême cruauté et dont le surnom était Drakul.

La légende veut que Stoker fût aussi membre de "La Golden Dawn", l'une des plus célèbres sociétés secrètes d'occultisme, très prisé à cette époque par de nombreuses personnalités anglaises. Dracula paraitra en 1897, et obtint un succès médiocre, avant de devenir une œuvre majeure... la bible du vampirisme !

Résumé

En arrivant dans les Carpates, le clerc de notaire londonien Jonathan Harker est épuisé par son périple. Mais son client et hôte, le comte Dracula, a tout prévu : une chambre lui a été retenue à l'auberge pour la nuit, an attendant de rejoindre le château en calèche.

Mais pourquoi les habitants du village se signent-ils avec des mines épouvantées quand Jonathan leur dit où il compte se rendre ? Pourquoi lui fait-on cadeau d'un crucifix et de guirlandes d'ail ? Malgré ces mises en garde, Harker poursuit sa route. Certes, ces montagnes escarpées, ces loups qui hurlent dans le lointain ont de quoi faire frissonner. Mais enfin, tant de superstitions au cœur du XIXe siècle ! Jonathan est un homme raisonnable...

Le début est un peu déroutant. Ce livre intime, qui nous dévoile un voyage mystérieux dans l'Europe centrale, avec tous ces gens apeurés et cet homme qui accepte tout de même de ce rendre dans un château isolé... effrayant. Impressionnant de réalisme. La peur nait peu à peu. L'effroi de Harker, lorsqu'il comprend ce qui se trame dans le château.

L'histoire

L'histoire est à présent connue. Dracula le vampire suprême qui fait succomber deux charmantes anglaises...
Mais je vais surtout m'attarder sur la forme, qui je dois le dire m'a un peu surprise. Ce livre est une suite de lettres et journaux intimes relatant chronologiquement l'histoire du comte.

Tout d'abord Jonathan Harker, puis un capitaine de navire... Mina et sa correspondance avec Lucy... des échanges entre les amoureux de cette dernière. Et au fur et à mesure, on entrevoit l'histoire, on la devine sous les parcelles racontées, car chaque protagoniste ajoute un élément pour que nous prenions la mesure globale. Chaque point de vu vient ajouter aux précédent, une vision différente mais ô combien complémentaire !

C'est brillant, sur l'idée, mais un peu poussif... j'ai dû poser le livre, plusieurs fois, en lire un autre en même temps, car je saturai un peu. Cela reste un chef-d'œuvre que j'ai apprécié dans l'ensemble, mais, les parties romanesques, les longues lettres de Mina, les plaintes de Lucy... et les relevés philosophiques du Dr Seward sont un peu longs.

Pourtant, j'ai aimé l'ambiance générale, un peu gothique, sombre, torturée. Les descriptions noircies par la nuit. Les visages pales, les sentiments de peur et d'angoisse particulièrement bien décrits.

Sans oublier les passages de Van Helsing ! L'érudit qui amène les autres protagonistes à accepter l'éventualité de l'existence des Vampires. Doucement, sans les brusquer, il leur démontre cette troublante vérité. Il devient le personnage phare, celui dont on sait qu'il sauvera les proies de Dracula. Mais voilà, Broker donne un petit coup de pouce au monstre et les hommes pleurent une victime belle et douce. Ils devront se surpasser, ils devront accepter l'incroyable et devenir les bourreaux de leur aimée. C'est magnifique bien écrit, c'est superbement traumatisant.

Et le vampire ! Dracula l'immortel. Ici, il n'est pas beau, il est puissant, irrésistible... intelligent, quasi invincible...

Broker reprend tous les principes du Vampire décrits par Polidori (Le vampire, paru en 1817 : Un aristocrate noble, distingué et séducteur, alors qu'il était jusque là un cadavre ambulant) et se base sur le livre de Le Fanu : Carmilla pour dépeindre son Vampire, lui donner les bases que tous par la suite reprendront (Anne Rice par exemple). Il créé non seulement un personnage complet mais établi une sorte de fiche d'identification du Vampire.

Le style

Dracula rassemble plusieurs styles littéraires.

Au départ, une sorte de roman d'aventure, avec les mémoires de Harker. Puis, on plonge dans la peur, l'effroi avec le livre de bord d'un capitaine... mort ! C'est un des passages les plus inquiétants du livre, car il nous donne la certitude que Dracula est parvenu en Angleterre... Et que le carnage peut commencer... fabuleux.

La romance, aussi, avec les lettres des jeunes femmes. L'amour, l'amitié. Enfin, un peu de chevalerie avec la quête finale, où tous convergent vers le graal : le tombeau de Dracula. Un héros (parmi tant d'autre courageux) Van Helsing. Même si le style fin 19° ralentit un peu la course, la mâtinant de bons sentiments.

Bref, plusieurs styles, mais qui ont un peu vieilli et donnent une histoire certes belle, mais un peu désuète. N'oublions pas que le livre est paru en 1897...

Au final

Je ne peux que vous le conseiller, cela reste la Bible du Vampirisme, mais ne le lisez pas d'un seul tenant. Préférez une lecture lente, entrecoupée d'autres œuvres... Comme un livre de référence.

2 commentaires :

  1. Un livre que j'ai moi aussi adoré lorsque je l'ai découvert... et je le relirais bien ! Je raffole aussi de l'adaptation de 1931 !

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  2. c'est un livre que j'ai beaucoup aimé et qui a su me surprendre, alors que l'histoire est très connue ! Un vrai bon point.

    J'aime bien l'adaptation de 1931 et celle plus récente de copola

    Biz

    RépondreSupprimer

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